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Voici l’histoire de ce TD-20 Series B.

Nous sommes, mon frère et moi, passionnés de mécanique. Nous avons aménagé un atelier dans lequel nous avons 2 tours, une fraiseuse, une aléseuse, 2 perceuses et tout l’équipement de soudure, sur une surface de 270M². A proximité de chez mon frère se trouve une petite foret très pentue. Comme il se chauffe au bois, il utilisait depuis longtemps un tracteur agricole pour tirer les arbres. Il a commencé avec le Steyr modèle 188 de 28CV fabriqué en 1964 de notre grand-père.

 Devant le manque de puissance de ce petit tracteur, il a décidé d’acheter un Renault Master 2. Fabriqué en 1965, il est équipé d’un moteur 4 cylindres diesel refroidis par eau de marque Renault. Le montage d’origine, avec une pompe d’injection spécifique pour le moteur agricole lui permettait de développer 55CV. Mais comme ce moteur était aussi monté sur un petit camion de la même marque, et que dans cette configuration il pouvait développer 76CV, Le Master s’est vu équipé avec ce moteur. Par la même occasion, il a reçu une fourche hydraulique.

 Malheureusement, le sol est très sensible à l’eau et devient très glissant dés qu’il pleut. Comme cet engin n’a que 2 roues motrices, il devient impossible de bouger dés que le sol est humide. Aussi, lorsqu’un collègue de travail m’a annoncé que son frere vendait un petit tracteur à chenilles, nous avons sauté sur l’occasion. C’est un Lamborghini CV39. Fabriqué en Italie au milieu des années 60, il est doté d’un 3 cylindres diesel refroidi par air fabriqué par Lamborghini et est équipé d’un relevage hydraulique.

 C’est une machine légère qui respecte le sol. Malheureusement, après l’euphorie des premiers jours, nous avons du nous rendre à l’évidence : soit cette machine ne tirait pas assez, soit nous lui en demandions trop. En effet, il nous est arrivé parfois de nous retrouver « planté » avec des arbres accrochés derrière. C’est justement après un incident comme celui-ci, ou nous avions du laisser notre chargement en chemin pour pouvoir remonter au moins le tracteur que, démoralisé, nous nous sommes dit :

-« Si on avait un bull, ça irait drôlement mieux.

-Et si on en cherchait un ?

-il doit bien en avoir des vieux qui sont abandonnés.           

Aussitôt dit, aussitôt fait, nous avons pris la voiture et avons commencé à battre la campagne dans les environs. Au bout de 2 ou 3 heures de recherche, nous avons aperçu cet engin qui dormait prés des hangars d’un transporteur routier. Nous nous sommes arrêtés, et l’avons regardé de prés. Il avait l’air sain, les chenilles étaient en état, il nous a plu. Rentré à la maison, sous avons décidé de contacter le propriétaire. Il était prêt à la vendre, le prix était correct, mis il voulait nous le faire tourner avant tout. Nous y sommes donc retourné, et avons vu tourner l’engin. Cependant, il y avait du travail : une durite reliant le bas du radiateur au moteur était percée, et 25 cm de terre encombrait l’intérieur du châssis sur toute sa longueur. Toutes les vitres étaient cassées, le contact du démarreur ne fonctionnait plus, et le siège était à refaire. Le propriétaire nous a dit l’avoir acheté prés de Lyon, avoir refait quelque chemins forestier, puis avoir cessé de l’utiliser. Il avait uniquement remplacé le joint de culasse. La vente conclue, il nous a livré l’engin, et nous avons commencé à démonter la calandre, le capot, le filtre à air, le turbo, les radiateurs, la pompe à eau, la dynamo, la prise de mouvement avant, le ventilateur. Nous avons nettoyé les pièces, changé tous les joints qui étaient accessibles, et sorti environ 100Kg de terre du châssis. Le démontage du turbo nous a montré que les paliers étaient en mauvais état. Nous l’avons seulement mis en pièces et nettoyé. Lorsque nous avons démonté la pompe à eau, nous avons vu que la garniture était hors service. Nous avons donc changé la garniture de pompe, ses roulements et les joints de l’échangeur eau-huile. Nous avons changé les roulements de la dynamo, du ventilateur, de la poulie d’entraînement. Ensuite, avant de remonter, nous avons voulu régler le jeu aux soupapes. Quand nous avons ouvert le cache-culbuteur, l’aspect nous a paru peu engageant. Nous avons donc décidé de retirer la culasse. Entre temps, nous avions reçu tous les manuels techniques que nous avions commandé via internet. Nous avons donc remarqué que le serrage de la culasse n’était pas suffisant, et que la procédure de serrage n’avait sans doute pas été respectée. Le démontage de la culasse  a permis de roder les soupapes, de nettoyer la chambre de combustion, et de nettoyer et vérifier les injecteurs et de constater l’usure des cylindres. L’huile du moteur a été changée, le carter nettoyé.

Le remontage a alors commencé.

Changement de toutes les durites, du filtre à air, à huile, remplacement des vis douteuses, graissage, remontage. Toutes ces opérations ont été faites en 3 mois. A l’heure qu’il est, le seul élément que nous n’avons pas encore remonté est le turbo. Nous avons quelque problèmes pour trouver les paliers à un prix raisonnable. Nous avons tout de même remis le tracteur en route avant pour vérifier le bon fonctionnement de la transmission. Et nous avons constaté que le levier du Hi-Lo ne fonctionnait plus. Heureusement, ce n’était que l’axe qui était usé. Une fois refait et remplacé, tout est rentré dans l’ordre. Le siège est en cours de réfection, et nous faisons faire des devis pour changer les 155 Litres d’huile de transmission et les vitres. Enfin, il ne restera plus qu’a refaire le bouclier de lame et la peinture. Quelle est la nuance RAL de ce jaune « Fédéral yellow » ?

 

 


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